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Les GFU

Les Séminaristes GFU (Groupe de Formation Universitaire) viennent de vivre leur session annuelle à Dijon du 2 au 22 août 2009. 22 jeunes y ont participé. Le Père Jacques Turck, leur responsable, et l'un des GFU répondent aux questions du Père Podvin.

GFU GFU   En quoi la vie étudiante est-elle aujourd'hui un creuset ou un obstacle aux appels à se donner spirituellement ?
La vie étudiante n'est pas la même pour tous les jeunes. Pour ceux qui ont un soutien de leurs parents (encouragement au projet, finances, logement, repas...), une proximité de leur milieu d'origine, une vision claire du métier et par conséquent des diplômes à obtenir, la vie étudiante est plus facile. Lorsque l'un ou l'autre de ces soutiens et de ces repères fait défaut, elle est rendue difficile.
Les jeunes chrétiens qui, au cours de leurs études, entendent un appel à devenir prêtres et sont présentés par leur diocèse aux GFU, sont représentatifs de tous les cas de figures possibles. Mais le fait d'entrer dans un parcours de formation pour se consacrer au ministère presbytéral les stimule et leur permet de vivre leur vie d'étudiant avec un véritable élan spirituel. Les GFU leur offrent des repères. Ils découvrent que leur vie spirituelle est étroitement liée aux questions que leurs études aussi bien que le milieu ambiant déchristianisé posent à leur foi. De ce fait, ils ne vivent plus, ni leurs études, ni leur vie de foi de la même manière. L'une et l'autre se questionnent mutuellement, l'une et l'autre s'enrichissent. L'une et l'autre permettent à la vie étudiante de devenir un véritable « creuset » d'où surgit un alliage plus résistant qui leur permet de confirmer leur volontariat à se donner à l'Eglise en même temps qu'une volonté de réussir leur diplôme universitaire pour enrichir le ministère qui leur sera un jour confié.
L'apprentissage de la gestion du temps est un des autres défis qu'ils ont à relever au milieu d'une multitude de sollicitations de toutes sortes (sports, associations, hobby...). Mais là encore les rencontres et les relations amicales... sont souvent un lieu de confrontation et de témoignage de la foi qui stimulent leur prière, leur lecture, leur désir de se ressourcer chaque mois grâce aux moyens que leur offre l'Eglise par les GFU.
« La vie étudiante, écrivait l'un d'entre eux, est un lieu spirituel si on essaye de tendre l'oreille aux appels de Dieu qui se font entendre au milieu du tumulte des études ».

Pouvez-vous résumer l'intuition de la formation GFU ?
Former des jeunes au ministère presbytéral alors qu'ils poursuivent leurs études profanes, c'est accepter qu'ils demeurent pour un certain temps en plein vent du monde. Ceci ne peut se faire qu'à condition de fonder une relation de vérité et de liberté entre le jeune et les formateurs.
Cette fondation à la liberté se réalise tout au long du parcours. Ils se prennent en main comme tout adulte : pour organiser leur vie de prière, gérer leurs études, leurs finances, leur équilibre de vie. Ils acceptent de réfléchir en vérité aux choix qu'ils posent avec leur accompagnateur spirituel et les formateurs.
Le fait de disposer de temps (celui des études profanes - 5ans et plus pour les étudiants en médecine) est une chance pour grandir en maturité (intellectuelle, humaine et affective) sans pour autant retarder le discernement et la décision d'un choix ferme, d'avancer vers le ministère. Nous constatons que dès la seconde année les jeunes se déclarent eux-mêmes séminaristes - « séminaristes de plein air » aime à dire l'un d'entre eux. Par leur engagement aux GFU, ils consentent aux moyens qui leurs sont offerts (7 week-ends par an, un mois en août, une retraite annuelle entre Noël et le 31 décembre) et reçoivent ainsi une formation de premier cycle de séminaire.
En même temps ces jeunes reflètent les situations des jeunes d'aujourd'hui : leur culture, leurs souffrances, leurs dynamismes.

Qu'est-ce qui caractérise selon vous, aujourd'hui, les jeunes se préparant au ministère sous votre responsabilité ?

Nous constatons que la pratique de la vie étudiante avec le désir d'unifier leur vie est pour eux un chemin de croissance spirituelle. Cela nous réjouit car ils seront appelés à poursuivre ce travail d'unification dans l'exercice du ministère de prêtre diocésain.
Nous constatons aussi leur joie d'être accueillis en adultes. Leur autonomie est grande, le quotidien est entre leurs mains, à eux de l'organiser. Ils se fabriquent leur cadre et nous ne sommes pas toujours à les observer. Mais nous sommes sensibles au fait qu'ils nous en parlent spontanément. Comme les jeunes d'aujourd'hui, ils vivent en réseau et sont en lien étroit entre eux comme avec leur diocèse et les autres séminaristes de leur diocèse.
Les outils modernes de communication permettent à cette communauté en diaspora dans une quinzaine de villes universitaires, d'être en lien avec l'équipe de formateurs, chaque fois qu'un jeune le juge nécessaire.
Dans le laps de temps où nous les rencontrons, nous observons un sérieux immense dans l'étude et la vie communautaire, leur capacité à renoncer à d'autres choix et une confiance dans l'Eglise, ses responsables et leurs formateurs.


« Séminariste de plein air, il s'enrichit des réalités de la société dans laquelle il devra exercer son ministère », David, 24 ans


En quoi la vie étudiante est-elle aujourd'hui un creuset ou un obstacle aux appels à se donner spirituellement ?
La vie étudiante est un creuset pour permettre au jeune adulte de se construire humainement dans ses rapports à l'autre et sa dimension critique dans la découverte du savoir. Il apprend alors à s'ouvrir à autrui tout en se positionnant dans sa personnalité. En cela, il est conduit à se donner spirituellement ; c'est-à-dire à mettre en relation sa vie de « laïc » et son enracinement chrétien.

Pouvez-vous résumer l'intuition de la formation GFU ?
L'intuition de cette formation réside dans cette confrontation d'une vie à double entrée pour ne former plus qu'un. Le jeune en formation spéculative, intellectuelle dans sa matière propre, est sujet à être provoqué dans sa vocation, sa préparation au ministère presbytéral. C'est sa liberté qui est alors au centre de sa construction. Séminariste de plein air, il s'enrichit des réalités de la société dans laquelle il devra exercer son ministère.
Cet équilibre est la signature particulière d'une formation qui a le souci de donner à l'Eglise des hommes qui ont « les pieds sur terre ».

Qu'est-ce qui caractérise selon vous, aujourd'hui, les jeunes se préparant au ministère sous votre responsabilité ?
- Un jeune qui a le désir de mener à termes des études qu'il aime ;
- Il réalise alors son devoir d'état : se donner les moyens pour réussir ce qu'il a entrepris ;
- Il nourrit sa foi et son parcours vocationnel grâce à une expérience d'étudiant et de jeune professionnel, premier lieu pastoral.
Il travaille en communauté (avec ses frères GFU) à découvrir sa vie d'Eglise dans toute sa complexité (questionnement intellectuel, découvertes des dimensions de la prière, affirmation de sa personnalité).
Il a le souci de se donner le temps nécessaire en éclairant sa conscience pour formuler sa réponse à l'appel d'amour que Dieu lance à l'humanité.

 

 

 

extrait de www.eglise.catholique.fr

 

Article publié par Père François Triquet • Publié Samedi 29 août 2009 • 1819 visites

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